Partager l'article ! Les maquilleuses du métro: Mascara, eye-liner, rouges à lèvres rose glacé, rouge cerise, brun chocolat nacré, om ...
Mascara, eye-liner, rouges à lèvres rose glacé, rouge cerise, brun chocolat nacré, ombres
à paupières noir charbonneux ou bleu océan surenchérissent dans le métro. Les filles se jaugent se demandant laquelle obtiendra LE résultat. Quelques-unes ne s'en sortent pas trop mal, quant
aux autres, les malhabiles, elles rangent crâneuses leur miroir dans leur micro-sac alors qu'un désastre ambulant vient de prendre possession de leur visage carnavalesque. Ne s'en
aperçoivent-elles pas? Ne se rendent-elles pas compte que le métro vient de bousiller leurs espoirs de séduire le-beau-Marc-du-service-
Quelquefois, quand assise sur mon siège inconfortable je me perds dans l'imaginaire, je me demande s'il y en a une
qui s'est déjà crevée l'oeil lors d'un freinage trop sec du métro ou alors quand toutes les lumières s'éteignent la prenant par surprise? Oui y en a t-il qui sont devenues borgnes? Levées donc la
main, n'ayez crainte, nous ne nous moquerons pas? Ont-elles demandées réparation à la RATP pour tentative de meurtre ou pour coups et blessures. Je suis sûre qu'il y en a une qui après s'être
retrouvée à l'hôpital avec son crayon noir super khôl dans l'oeil a dû demander à son assurance de faire fissa en lui trouvant un avocat afin d'intenter un procès à
Monsieur-le-directeur-de-la-
Avant de finir je voudrais vous parler de la femme au manteau vert avec une bouteille d'Evian dans la poche de celui-ci et un sac bleu pétrole. Je la croise quelquefois le matin quand je
suis en retard (donc je la croise tous les matins). Vous vous demandez comment c'est possible de croiser tout le temps la même personne? Et bien c'est simple, prenant le métro à sa source, je
m'assieds toujours à l'arrière, et quand arrive le spécimen une station après, elle s'assied dans mon carré presque VIP, voilà. Quand cette femme entre dans mon espace immédiat je jubile parce
que je sais que je vais rire voire même exploser de rire intérieurement (évidemment), c'est déjà pas mal aurais-je envie de dire. À cette femme, je décerne le prix de l'embourbement facial, son
eye-liner et son mascara coulent dans tous les sens et quant à son rouge à lèvre panthère
rose et bien c'est une torture mentale pour qui la regarde. Cette femme est un massacre pour ses compagnons de voyage mais elle s'en moque bien, elle continue de sourire pendant nos trente
minutes de vie commune dans le métro. Oui elle s'en moque! Je suis sûre qu'elle travaille avec des presbytes, des astigmates et peut-être même une grande majorité de myopes.
C'est vrai, elle est hyper hilarante, elle est le patchwork de l'univers cosmétique. En une semaine, elle peut
passer du noir charbonneux au jaune hirondelle, du blush rouge de chine (sans rire) au saumon, quant à ses lèvres, elle ne change rien puisqu'elle reste fidèle malheureusement au rose
panthère. En fait, je crois comprendre pourquoi elle se maquille dans le métro, je serais tentée de dire que son amoureux ne doit pas trop apprécier de voir cette horreur le matin. J'en déduis
donc qu'elle n'est pas complètement folle mon patchwork ambulant. Je devrais peut-être surveiller ses heures de sortie de bureau le soir afin de voir si elle se démaquille aussi dans le métro, à
moins qu'elle ne le fasse au travail. Je rêverais de rentrer dans la tête de cette fille. Elle n'est pas folle mais peut-être est-elle daltonienne! Peut-être le sont-elles toutes!
Peut-être.
Bref, pour en finir avec cette petite réflexion je dirais à toutes ces filles : arrêtez de vous massacrer le visage dans le métro et de nous infliger ce spectacle peu glamour. Pensez à
tous ces garçons qui assis dans le métro vous voient passer de jolies filles à laiderons. Pitié cessez toute activité de ce genre car nous autres ricanons en vous voyant vous battre avec votre
mascara waterproof. Et puis entre nous, si vous cherchez absolument à devenir handicapée continuez ainsi mais conseil de filles les mecs ne sont guère friands de borgnes.
©Géraldine Magnan, 2010
Texte protégé. Dépôt le 24.02.2010